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Survie ou autonomie ?

« Environnement ». Qui n’a pas ce mot à la bouche aujourd’hui? Ouvrez un journal, allumez
la radio, le petit écran, tendez l’oreille vers les discours politiques, regardez les nouveaux slogans et publicités des entreprises: la « mise au vert » est partout.
« Sauvons la planète »: personne n’oserait aller à l’encontre de ce qui est devenu une évidence et un enjeu mondial. Mais comment, sous quelles valeurs et principes? Voilà la question que nous proposons de traiter ici en explorant les tenants du développement durable et ceux de l’écologie politique.

Depuis les années 80, les préoccupations environnementales sont sorties du cercle confiné
des naturalistes et des penseurs aux chevelures fleuries. La nécessité de prendre en compte la
dimension environnementale dans les activités humaines ne suscite plus dans les sphères politiques et industrielles les haussements d’épaule d’autrefois, mais devient un enjeu international illustré par l’apogée du développement durable. Une alarme gronde sur la planète terre: « Urgence!, crie-t-on , Urgence! Notre vaisseau est en flamme! De 2 milliards d’êtres humains en 1940 nous passerons à 8 milliards en 2020! La production de pétrole décline! 75% des zones de pêches sont exploitées à pleine capacité! Les terres s’érodent, les glaciers fondent, le climat est bouleversé, les ressources de pétrole atteignent leurs limites! Urgence! Urgence! ». Les discours alarmistes sont à la page: la survie de l’espèce humaine est en danger.
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La survie sous entend le dépassement d’un seuil critique traduit par des menaces concrètes qui mettent en péril la capacité de reproduction d’une espèce. Et en effet, au regard de l’épuisement des ressources naturelles, des problèmes de santé publique liés à la pollution et du trou dans la couche d’ozone, les menaces sont bien réelles. Il est donc indéniable que la survie de l’humanité, en raison des connaissances que nous avons de l’état de l’environnement, doit être au centre de nos préoccupations. On observe dans la nature de nombreuses stratégies de survie: la tortue se munie d’une carapace et e rosier d’épines, tout deux dans l’objectif de contrer les menaces de leurs prédateurs. Le développement durable est la stratégie de survie actuelle adoptée par l’humanité. Il fait l’objet d’un consensus international qui pour la première fois instaure l’environnement comme critère indissociable des prises de décisions. Concept défini par le rapport Bruntland comme « un développement qui réponds aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs », il propose aux activités humaines d’allier l’environnementalementsoutenable, au socialement respectable et à l’économiquement viable.

Le développement durable est aujourd’hui l’ordonnance systématique prescrite à l’humanité
pour assurer sa survie face à la crise environnementale. On peut cependant s’interroger sur la
pertinence de ce choix stratégique.

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Tout d’abord, remontons aux causes de la crise environnementale. Il est admis que les activités
humaines, depuis le début de l’ère industrielle, sont en grande partie responsables de la dégradation accélérée de la nature. Le développement de l’économie mondiale, le progrès technique et l’industrialisation massive, tenus à une logique de profit et de croissance, ont négligé leurs impacts sur l’environnement. Aujourd’hui, les activités humaines induisent toutes sortes de nuisances, comme la gestion des risques, des déchets ou les systèmes de dépollution.
Le développement durable propose donc une économie durable, une industrie « verte », avec des voitures non polluantes, des steaks et des yaourt biologiques, des ampoules économiques…
Le développement durable cherche donc à atténuer les impacts de la dégradation de l’environnement en répondant à nos besoins par la technique. Il ne prend pas le problème à la racine et maintient un modèle industriel dont on connait les ravages. Mais comment continuer à produire indéfiniment dans un monde fini? Quand nous aurons vidés tous les lacs, coupés toutes les forêts, pillés tous les sols, comment allons nous continuer à produire des voitures ou des steaks pour l’ensemble de l’humanité? Par exemple, face aux émissions de CO2 due à la production d’électricité, on met en place des centrales nucléaires à la sureté incertaine sans remettre en cause notre consommation excessive en énergie (pensons ici aux éclairages qui envahissent nos villes à l’approche de Noël).

Se pose alors la question suivante: si nous sommes nos propres prédateurs, suffit il de nous limer les canines ou devons nous apprendre à ne plus nous mordre la queue?
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Dans un second temps, si le développement durable nous donne les moyens de la survie, reste à
savoir sa finalité. Survivre, oui, mais pourquoi? Le monde que nous offre ce concept dans le présent et dans l’avenir correspond il bien à nos aspirations? Tentons de dégager la ligne directrice des valeurs qu’il véhicule.

Quoique reconnaissant la valeur intrinsèque de la nature à ses débuts, il tend aujourd’hui à une vision purement anthropocentrée. Dans ses discours, la marchandisation du monde du vivant est devenue courante: on parle de capital humain et naturel, de ressources, de coût de la pollution… La nature devient utilitaire pour répondre aux besoins de l’Homme. Mais sommes nous sur de vouloir survivre dans un monde où les forêts ressemblent à des champs et où les oiseaux sont voués à l’unique fonction alimentaire. Sommes nous prêts à sacrifier cette part de nous même qui s’émerveille devant une fleur des champs ou le goût d’une tomate épanouie sous le soleil estival pour des cultures monospécifiques et des légumes insipides? Pensons à ces écrivains, comme Hoxley dans Le meilleure des mondes, qui ont décrit des mondes aseptisés et régulés où la surviede l’homme est assurée à coup de gélules alimentaires.

Que voulons nous faire survivre?
Le terme même de développement durable est de plus en plus assimilé à celui de croissance durable. Dans cette optique, est il une réelle solution à la criseenvironnementale ou un alibi pour perpétuer le modèle socio-économique actuel basée sur lacroissante? Si l’on prend l’exemple du principe pollueur-payeur, l’objectif est il d’abolir la pollution dans un but de survie de l’humanité ou plutôt de légitimer les activités polluantes afin d’en assurer la continuité?

« Penser le changement plutôt que de changer le pansement » C’est le postulat des penseurs
de l’écologie politique pour qui le développement durable répond à une logique descendante en
dépit des aspirations réelles des citoyens. Ils fondent leurs propos sur une critique de la domination de la sphère industrielle et de la recherche de profit et opposent les couleurs de l’autonomie aux tons alarmistes de la survie. L’autonomie, du grec autos « soi même » et nomos « les règles » est la capacité à décider soi même de ses normes, de se donner ses propres lois. L’écologie politique propose donc une remise en question de la société hétéronome, perpétuée par le concept de développement durable. En quoi ce dernier nous dépossède-t-il de notre autonomie?

Dans un premier temps, cherchons à comprendre l’origine de nos besoins Nos besoins
résultent soit d’une exigence naturelle (dormir, s’alimenter…) soit d’une exigence sociale. Ces
derniers sont largement influencés par l’imaginaire de progrès et de consommation que véhicule nos sociétés par le biais de la publicité et du stéréotype de l’idéal social (avoir une maison avec un jardin, une belle voiture, un bon job, une grande télévision, de beaux vêtements…). Dans
l’imaginaire occidental, le progrès est une incarnation du bien, une passerelle vers un monde
meilleur, l’outil primordial pour résoudre l’ensemble des problèmes sociaux et environnementaux.
Le développement durable véhicule l’idée que la croissance et le progrès sont les assurances du bien être matériel, et ce dernier du bien être individuel et de l’harmonie sociale. La société industrielle forge donc des besoins qui nous paraissent indispensables, aliénant notre liberté à les choisir nous même.

Connaissez vous l’histoire de cet homme, qui n’aimant ni la conduite, ni son travail, travaillepour avoir une voiture et possède une voiture pour aller travailler. Cet exemple illustre parfaitement
la main mise du règne de l’industrie sur nos modes de vies et la détermination de nos besoins. Ivan Illich dénonce la contre productivité de certaines techniques, qui au lieu d’être au service de l’humain, tendent à l’aliéner. Ainsi, croyant gagner du temps avec une voiture, on omet le temps passé à travailler pour payer les frais qu’elle dégage et on néglige les alternatives. De même, il théorise le principe de « monopole radicale » selon lequel un moyen technique trop performant empiète le choix d’autres possibilités. L’agriculteur, même s’il a gagné en productivité enabandonnant les bêtes de trait pour la mécanisation impulsée par les politiques agricoles, a perdu une part de son autonomie et de son indépendance. Si un tracteur tombe en panne, il devra faire appel à un expert. Si il n’y a plus d’essence, son travail sera interrompu. L’exemple du GPS est identique. Autrefois, une carte suffisait à nous guider: aujourd’hui, si le GPS tombe en panne, non seulement nous sommes perdus mais nous devons faire appel à un spécialiste pour le réparer.

Non seulement la société hétéronome annihile notre capacité à choisir par nous même de l’effort à fournir en échange d’un bien ou d’un service, mais limite aussi notre conscience sur les impacts
globaux de leur acquisition. André Gorz rappelle que lorsqu’on acquiert une voiture, on acquiert
aussi « une nouvelle relation à l’espace, au temps, un travail pour la payer, des infrastructures, des nuisances sonores… ». De plus, nous connaissons rarement l’origine des matières premières des produits que nous consommons, ni leur processus de fabrication ou de diffusion. Ainsi, nos choix de consommation de sont pas basés sur nos préférences, notre conscience, mais sur une incitation par les prix et par l’illusion du progrès.

Depuis l’avènement de l’industrie et la mondialisation, la production de bien nécessite une
organisation stricte basée sur la spécialisation, la division du travail et la hiérarchisation. Ce
découpage présente un risque de dérive totalitaire, où le savoir, les compétences et les
responsabilités seraient détenus par une minorité aux dépends de l’autonomie des individus. Ainsi, dans un monde complexifié, seuls les spécialistes semblent légitimés pour prescrire à l’humanité ce qui est bon pour elle. Ce problème se retrouve à l’échelle des pays: quand un pays riche en ressource (café, hydrocarbure, blé…) se spécialise, non seulement il rend les pays importateurs dépendants de sa production, mais il perd aussi souvent son autonomie alimentaire en négligeant sa production vivrière. Cette situation entraine parallèlement une perte du savoir des citoyens. Autrefois, une famille savait utiliser quelques plantes en médecine, se débrouiller en construction ou en mécanique, planter des légumes, entretenir un verger… Aujourd’hui, ce savoir citoyen est passé aux mains de l’industrie pharmaceutique, du bâtiment, ou de l’agro-alimentaire qui décide en fonction de sa rentabilité s’il faut ou non conserver et cultiver certains domaines de savoirs.

Si l’autonomie est la volonté de se conformer à des lois que les individus ou la société se sont
donnés eux même, on ne peut nier le caractère hétéronome de la société actuelle. En effet, l’absence de débats sur le choix du nucléaire, des OGM ou des nanotechnologies est flagrante. Alors qu’en 2006, un sondage BVA chiffrait à 78% la part de français souhaitant l’interdiction temporaire des OGM, le gouvernement les autorise la même année. D’où la nécessité de réinvestir la démocratie et de réfléchir à la société que nous construisons. Castoriadis prône une démocratie véritable, où lefossé entre dirigeants et dirigés serait aboli et où la possibilité serait donnée à chacun de participer à l’élaboration des lois. Mais face à la désillusion des citoyens face au monde politique et à la suprématie du confort, comment réanimer l’envie d’autonomie et de liberté?

L’écologie politique postule pour une rupture avec la logique de domination du profit. Elle
invite par l’autonomie à créer le questionnement sur ce que nous sommes, ce que nous faisons et àdétruire le mythe de la croissance pour reconstruire la société humaine et se joindre à la réalité du monde du vivant. Ses partisans proposent de nouveaux outils pour aller vers l’autonomie.
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La « simplicité volontaire » ou « sobriété heureuse » offre de simplifier nos modes de vies pour en
améliorer la qualité. Elle sous-entend une recherche personnelle d’autosuffisance ou d’auto-gestion (par exemple en jardinant, cuisinant, bricolant, marchant soi même) et une ré-appropriation des savoirs (écoconstruction, auxiliaires du potager…). L’autonomie permet ici de devenir moins dépendant de la domination de l’économie, de la vitesse, de l’industrie, et de l’appétit insatiable de nos modes de vie en terme de ressources naturelles. Dans le film « Volem rien a foutre al pais », les témoignages fourmillent d’expérience d’autonomie individuelle: indépendance énergétique, recyclage des déchets, récupération des eaux… L’idée de responsabilité et de conscience accrue des conséquences des modes de vies occidentaux y est omniprésente. Les actions présentées dans ce film sont bien le résultat d’une réflexion et d’une remise en question de l’imaginaire social sur nos besoins et nos désirs. Les expériences collectives sont aussi nombreuses et basées sur la coopération et la décentralisation: les éco-hameaux, les éco-quartiers (Vauban à Fribourg, BedZed à Londres…),
les « communes libres » (Christiania à Copenhague…), les monnaies locales (Systèmes d’Echanges Libres…), les Banques du temps, les médias et écoles alternatifs…

Pour conclure, il paraît en effet évident d’un point de vue rationnel que le développement
durable permet de répondre à la question de survie de l’humanité. La situation d’urgence et
d’extrême peut être atténuée par l’orientation mondiale prise vers le développement durable. Mais est il suffisant de pallier les inconvénients immédiats des problèmes sociaux et environnementaux ou est il nécessaire d’aller jusqu’à leurs origines? À l’heure où l’humanité entame un virage déterminant, individus et sociétés ont peut être enfin l’occasion de repenser les fondements même d’un système inefficace. Si l’écologie qui dégageait autrefois un parfum d’utopie est aujourd’hui entrée dans les réalités, les idéaux d’autonomie, d’indépendance, de liberté et d’émancipation ont peut être à leur tour la chance de se concrétiser. Et de même qu’un long voyage commence par un pas, un grand changement peut commencer par nous même.

8 août, 2011 à 19:56 | Commentaires (0) | Permalien


Le monde de l’art en toute simplicité

Après une année de sommeil, ce blog respire de nouveau. Je n’ai pas oublié pourquoi écrire ce blog me plaisait tant. Un envie de partager, d’exposer, de disserter… Seulement pour cela j’avais besoin de temps, savoir quels sujets me transportaient. Je cherchais le sens aux mots, aux sujets abordés.

J’ai trouvé le fil conducteur qui le fera avancer. Ecrire sur l’art me titillait mais bien souvent je me perdais et ne savais plus quelle direction donner à ce blog. Rassurez vous je remonte à bord du navire qui vous emmènera découvrir le monde de l’art avec sincérité.

Bonne lecture.

11 mai, 2011 à 23:51 | Commentaires (0) | Permalien


Les collectionneurs de Nathalie Guiot

Les collectionneurs de  Nathalie Guiot est un document inspiré des motivations variées d’un amateur d’art qui souhaite être considéré comme un collectionneur. J’ ai aimé ce livre qui est simple à lire et dédié à tous. Pour une fois on comprend tout au monde de l’art. L’auteur  avance avec nous dans cet univers opaque et nous fait découvrir les foires d’art contemporain, les collections privées et les endroits huppés. Nathalie Guiot se fait passer pour une débutante dans l’art qui souhaite commencer une collection. Conclusion: il faut des moyens, des rencontres, du flair et beaucoup de connaissances. Vouloir commencer une collection ne veut pas dire acheter un Basquiat ou un Picasso. C’est plutôt sentir qui sera l’artiste de demain. Celui qui ne sait même pas qu’un jour ses oeuvres  s’envoleront à coups de million de dollars sous le marteau d’un célèbre commissaire priseur.  Nathalie Guiot nous fait découvrir un monde difficile d’accès avec une légèreté déconcertante. On pourrait y voir de la frivolité, mais cela fait aussi partie du milieu de l’art.

                                       Les collectionneurs de  Nathalie Guiot dans Et si j'habitais à Paris? 418vpJWKUiL._SL500_AA240_

1 juillet, 2009 à 21:15 | Commentaires (1) | Permalien


Spy Numbers au Palais de Tokyo.

Je ne vais pas au palais de Tokyo pour le plaisir de l’oeil. J’y vais pour l’atmosphère. Dès mon premier pas dans  l’enceinte, je sens un air frais me passer dans le cou; et plus j’avance dans l’exposition, plus l’air devient glacial. Le palais de Tokyo n’inspire pas la joie de vivre, c’est un fait. C’est plutôt le style usine désaffectée, abattoir en reconversion, entrepôt délabré. Bref, l’esthétique n’y  règne pas en maître. Par contre si vous êtes scientifique, adepte de découvertes incongrues, les expositions au palais de Tokyo sont pour vous. L’exposition du moment entre dans la lignée de la précédente: « Garvana » dont le nom vient tout droit du fin fond de l’Alaska. Cette fois-ci il s’agit d’une suite d’ondes qui forment une suite logique de nombres. Je sais vous ne comprenez déjà plus, mais peu importe, ce n’est pas le but au palais de Tokyo. Il faut sentir. Pressentir. Surtout ne pas cherchez d’informations (elles sont quasi inexistantes). Alors devinez. Envisagez. Pensez Passé et Futur.

L’exposition Spy numbers c’est une succession d’oeuvres qui s’inscrit dans le spectre de l’électromagnétique.

 2… 11… 58… 35 … 23… Ces chiffres sont des instructions codées à destination d’agents dormants, des  messages échangés entre trafiquants ou de simples réglages téléphoniques, les « Spy Numbers Station » émettent depuis plusieurs décennies sans que leur fonction exacte soit connue.  Ce monde parallèle est exploré par des artistes passionnés d’encodages mathématiques et de science.

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Ainsi vous commencerez votre visite par Les Sonotubes de Pascal Broccolichi, 3 longs tubes enregistrant les bruits inhérents aux bâtiments (câbles électriques, eau circulant dans les radiateurs…). Si vous regardez à l’intérieur vous verrez le ressort qui sert à amplifier les sons pas toujours audibles pour l’oreille humaine. Dans le même registre, vous trouverez la Number Station de Matt O’Dell qui a réalisé une sculpture en bois en forme de tour, avec des hauts parleurs qui diffusent des enregistrements de signaux radio émis sur des ondes courtes.

                    Spy Numbers au Palais de Tokyo. dans Et si j'habitais à Paris? spy-0e5d9

Puis vous aborderez les oeuvres qui s’approchent de la nature et de la science avec le travail de Dove Allouch et Evariste Richer ( La Térella), qui reconstruit la chambre sous vide du scientifique norvégien Kristian Birkland, à l’origine de la découverte des aurores boréales. De là vous verrez apparaître de loin des pierres posées sur un socle. Approchez-vous, c’est  le travail de L.Francesconi. Il a choisit des pierres en calcaires, granit et ivoire prélevées au sommet des Alpes Italiennes. Elles auraient pour effet d’abaisser le relief montagneux. Ici, le spectateur s’imagine la montagne avec la vision qu’il a des pierres. L’artiste semble jouer sur le visible et l’invisible.

everyday_sight dans Rubriqu'artTout comme Norma Jeane et son oeuvre Everyday sight/ Tribute to Aldous Huxley.L’artiste prétend être née le jour de la mort de Marilyn Monroe, reste à savoir si c’est vrai. Toutes les paires de lentilles que vous voyez dans les récipients sont les siennes et celles de David Legittimo. Elles évoquent la multitude d’images vues dans une vision. Il y a 365 paires de lentilles pour chaque récipient, qui côte à côte, forment une paire d’oeil. Le nom de l’oeuvre rend hommage  à Aldus Huxley qui à continuer à lire et à écrire malgré sa quasi cécité.

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 Ken Gonzalès-Day joue également avec l’imaginaire. Son image The Wonder Gaze représente la foule rassemblée pour une pendaison. Mais il n’y a ni corps, ni corde pour le pendre. Ici, l’artiste nous montre une séance de lynchage en Californie entre 1858 et 1935. Il cible une partie de l’histoire que l’on a sans doute oublié. Ainsi l’image demande au spectateur d’imaginer la scène de lynchage même si il ne peut pas la voir. Le spectateur observera alors les mécanismes de la scène: la foule, le spectacle et le reflet du flash qui indique la présence de photographes. Ken Gonzalès-day joue aussi entre le visible et l’invisible utilisé cette fois-ci pour rendre hommage aux oubliés de l’histoire.

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Un peu plus loin, dans une atmosphère un peu nostalgique, vous découvrirez les living photographs datant de 1920 d’Arthur Mole et John Thomas. Cette frise de photographies met en avant des symboles comme le drapeau américain formé par des soldats. Cet ensemble d’hommes unis sous le même but de former un symbole nous renvoie à la force mobilisatrice des citoyens après la première guerre mondiale.

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Lorsque vous vous retournerez vous apercevrez une forme modelée dans une matière non-identifiable. De plus près, c’est un homme tassé sous le poids de  jouets Macdo. C’est Heap l’oeuvre de Jim Shaw qui dénonce l’illusion de la consommation.

Au fond de l’exposition, il y a trou dans le mur à moitié arraché. Regardez de plus près, vous verrez la sculpture Savage Savage de l’artiste Félix Schram qui joue avec l’architecture.

Et le meilleur pour la fin, la sculpture de Tony Smith, l’une des oeuvres les plus forte de l’exposition. Sa forme géométrique parfaite donne une dynamique puissante à  l’espace.

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Voilà, l’exposition est terminée, elle est courte puisque la moitié du palais de Tokyo est traveau jusqu’en 2012.

Infos :

http://www.palaisdetokyo.com/fo3/low/programme/

Palais de Tokyo
site de création contemporaine
13, avenue du Président Wilson à PARIS
Horaires
Accueil des publics de midi à minuit tous les jours sauf le lundi.
Fermeture annuelle les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.
Fermeture exceptionnelle à 18H00, le 24 et 31 décembre.
Accès
Métro Iéna
Bus 32, 42, 63, 72, 80, 82, 92
RER C, Pont de l’Alma
Informations
+33 1 47 23 54 01

29 juin, 2009 à 23:32 | Commentaires (0) | Permalien


L’art féminin ou l’art des femmes.

Il est difficile pour moi de passer à côté de l’exposition consacrée aux femmes au centre George Pompidou. Bien sûr cette exposition a ses détracteurs, ceux qui n’aiment pas la catégorisation des sexes, ceux qui pensent à un coup de communication, notamment avec leur partenaire Yves Rocher. La réelle question est : pourquoi sommes-nous obligé de faire un tel coup d’éclat pour redonner une place à la femme dans l’histoire de l’art? Est-ce bien suffisant? Est-ce un nouveau départ pour les femmes artistes?

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 Pipilotti Rist au MOMA

En allant à New York cette année, j’avais déjà constaté cette frénésie autour de la femme et l’art. Le MoMA a accueillie cette année la très talentueuse Pipilotti Rist et son installation vidéo gigantesque, et pour cette occasion le musée s’est coloré de drapé rose un peu partout. Puis, toujours au MOMA, il y a eu Marlène Dumas, au coeur d’une polémique. C’est vrai que l’on aime ou  pas, mais sa présence s’inscrivait  dans l’objectif du MOMA, qui a  largement mis la femme à l’honneur cette année.

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Marlène Dumas Adult Entertainment
Dans le bas de la  ville, même combat pour le New Museum, le musée d’art contemporain, qui a affiché l’automne dernier Elysabeth Peyton, artiste à succès de ce siècle. On peut encore en citer, le Whitney par exemple, qui a exposé Jenny Holzer et ses fameux panneaux lumineux.. 

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Jenny Holzer You Are My Own

Alors que se passe t-il autour de ce phénomène? L’histoire de l’art est-elle prête à se féminiser?  

Certain parlent d’un élan nouveau pour l’art féminin. Seulement pour beaucoup de femmes ou défenseur de celles-ci, ces musées ne font que suivre une mode qui veut  que la femme soit à l’honneur cette année. Ces dernières ont souvent tout fait pour ne pas être considérées à part. Elles veulent que leur travail soit assimilé a celui des hommes car c’est souvent la différenciation des sexes qui aurait été la raison de leur exclusion du monde de l’art.

De plus, l’art des femmes est-il vraiment féminin? Marlène Dumas et ses toiles inspirées par la pornographie forment-il un art féminin? Et à l’inverse, certains hommes ne pourraient-ils pas faire de l’art féminin? Il est plus simple de parler de l’art créée par les femmes, artistes avant tout, et au même titre que  les hommes.

Si cette année est le début de la mise en avant des femmes artistes, l’exposition au centre Pompidou suffira t-elle a donner une place plus importante aux femmes dans le monde de l’art? Ou au contraire, servira t-elle de tremplin aux expositions consacrées exclusivement aux femmes? Dans ce cas là, la fracture entre les artistes femmes et hommes ne cesserait de se creuser et ne ferait que mettre un peu plus de côté le travail des femmes que l’on n’ oserait pas comparer à celui des hommes.

26 juin, 2009 à 0:31 | Commentaires (0) | Permalien


Une nouvelle orientation pour le blog: Les femmes et l’art

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Cela fait presque six mois que le blog vie sans moi… Je n’ai pas écrit de billets depuis janvier dernier mais je reviens aujourd’hui avec des idées neuves. J’ai la volonté de donner un nouveau souffle à ce blog. Je souhaite lui donner plus de sens et une direction plus établie. Cela fait déjà un certain temps que je souhaite consacrer ce blog à l’art mais j’ai eu besoin de temps pour trouver mes objectifs.

Tout d’abord je souhaite parler d’art, vous l’aurez compris, et surtout des femmes… J’aimerai vous faire partager le destin particulier de ces femmes artistes qui n’ont pas toujours été reconnues comme il se doit. J’espère ainsi vous accompagner à y voir plus clair dans l’histoire de l’art qui peut parfois être difficile d’accès. Je souhaite juste donner l’envie à quelques curieux de pousser leur recherches un peu plus loin sur la femme en tant que muse, artiste, amante et symbole.

 

25 juin, 2009 à 2:33 | Commentaires (3) | Permalien


Marie Stuart, une reine au destin tragique

images5.jpegMarie Stuart est une reine courageuse, têtue, colérique, amoureuse voir frivole et pourtant elle a marqué l’histoire par sa fin tragique.
Alors que je viens à  peine de finir la biographie de Stephan Sweig, le musée national de la Renaissance au Château d’Ecouen et la Réunion des musées nationaux organisent une exposition historique et artistique consacré au séjour de la jeune reine d’Ecosse à  la cour de France.
C’est l’occasion de découvrir pour certains, et d’apprécier un peu plus pour d’autres, le passé de cette reine au charme piquant et au parcours exceptionnel.

images6.jpegMarie Stuart, dite Marie 1 ere d’Ecosse est reine d’Ecosse à  six mois. C’est le sort et l’avenir d’un pays et du catholicisme que la jeune reine a entre les mains et il suffira de quelques rencontres malveillantes pour l’emmener plus bas que terre.
Mariée à  5 ans au dauphin de France, Marie arrive sur le territoire et y laissera des traces. La petite est accueillies en grande pompe et cela pour la dernière fois. L’exposition retrace son parcours en France, la période de sa vie la plus ensoleillée. Adulée par la coure et les poètes, cette jeune épouse fera le bonheur de son époux trop peu de temps malheureusement. Après la mort du dauphin, elle sera reconduite dans son pays à la coure et son château lui paraît bien lugubre. Cette grande amoureuse donnera tout à ses amants y compris sa présence d’esprit. Alors qu’elle fût mariée en 1565 avec l’arrogant Lord Darnley, elle se remariera avec le détesté comte de Bothwel. Elle sera accusée de l’assassinat de son premier époux arrangé par le comte Bothwell. Emprisonnée en Ecosse et contrainte d’abdiquer pour céder la place a son fils, Jacques VI, elle finira sa vie tristement. En perpétuel conflit avec la puissante Elisabeth I ère, cette dernière aura raison de sa nuque princière. La belle Marie Stuart restera connu pour ses jours de gloires à la coure française, c’est pourquoi le musée Condé lui rend un hommage bien mérité.

18 janvier, 2009 à 23:50 | Commentaires (1) | Permalien


Une journée à Williamsburg

Je viens de rentrer à NYC où il fait froid mais pas autant qu’à Paris. Pour une fois je n’ai pas cours l’après-midi alors j’en profite pour me balader et découvrir des quartiers inconnus. Williamsburg est l’un de mes quartiers préférés. J’aime le calme qui y règne. Ce quartier de Brooklyn est un peu l’antithèse de Manhattan. Se serait dommage de ne pas y faire un petit tour si vous passez par New York, alors je suis sympa, je vais vous donner quelques adresses.
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Tout d’abord, sachez que Williamsburg est l’endroit idéal pour dégoter les friperies les moins chères de NYC. Celle que je préfère c’est Baycon and Closet sur la 11 ème et Bedford. C’est le passage obligé de toutes celles qui rêvent de se refaire une garde robe énorme pour une toute petite somme. Ce que j’aime aussi, c’est m’asseoir sur les fauteuils de l’entrée et juste regarder les looks plus fous les uns que les autres… Bien entendu il faut chercher pour trouver quelquechose et surtout un peu de patience est la bienvenue… Si vous avez un peu de temps, allez boire une bière en face, les meilleurs du quartier m’a t- on dit. Ensuite continuez votre promenade sur Bedford Avenue où vous trouverez un tas de boutiques mignonnes. Il y en a pour tous les budgets, c’est ça qui est sympa avec Brooklyn.
Si vous avez encore envie de boire un verre et que la France vous manque déjà, arrêtez vous sur la terrasse du bar « Juliette », l’un de mes bars préférés.

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Finalement traînez les pieds jusqu’au parc surtout en été, où le cinéma en plein air accueille des centaines de curieux… Voilà vous savez tout ou presque…
Je vous promets de revenir vite avec de nouvelles adresses…

10 janvier, 2009 à 2:23 | Commentaires (0) | Permalien


Quand la censure nous pend au nez…

« Ainsi font font font, les petites marionnettes, ainsi font font font, un petit tour et puis s’en vont. »

Le droit d’exprimer librement ses pensées, ses opinions et de les publier est aujourd’hui sur une planche instable, otage d’un navire pirate qui s’apprête à le livrer en pâture aux crocodiles sournois du libéralisme. Bientôt peut être, le bâillon juridique s’abattra sur les lèvres des médias audiovisuels publics, désignant non seulement l’Etat comme son unique financeur mais aussi comme maître du jeu. Libre à notre président de choisir ses pions, de les manipuler ou de les éjecter au moindre faux pas. 

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Double ironie dans cette prise de pouvoir. D’une part, sur la face ouverte du plateau de jeu, on nous annonce que les médias publics, censés élever la voie du peuple et préserver la pluralité des informations sur l’avant de la scène, verront bientôt leur ciel gouverné par la toute puissance des politiques au pouvoir. Adieu indépendance, adieu libertés et droits: ce que nos ancêtres ont chèrement acquis et dont nous, nouvelles générations, ne mesurons pas encore le prix, va bientôt disparaitre d’un coup de baguette sarkosyste. Comment faire passer pour un progrès une régression de plus de vingt cinq ans en matière de droits démocratiques?

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Mais d’autre part, dans l’envers du décor, la vérité est encore plus grimaçante. Ce ne sont pas seulement les visages politiques, qui malgrès les controverses dont ils font l’objet peuvent prétendre à une légitimité démocratique, mais aussi les nouveaux rois de la mondialisation et leurs rapaces aux griffes financières qui s’emparent chaque jour un peu plus de notre droit d’expression. En France, on assiste à une concentration sans précédents des médias privés: quatre ou cinq marchands d’armes et constructeurs en bâtiments et travaux publics ont la main haute sur la majorité des médias d’information. Citons ici Lagardère qui détient le quasi monopole de la presse, des éditions et de l’audiovisuel ou Dassault qui possède 70 publications en France, dont le Figaro.

 Mais aprés tout, me direz vous, quelle importance si les ficelles médiatiques ne s’animent que sous les mains de quelques marionnettistes?

La réponse est simple: sans la pluralité et l’indépendance des médias, c’est la censure et la propagande qui nous pendent au nez….

Le pluralisme intellectuel et culturel, pourtant indispensable au débat citoyen, est confiné aux marges que le système veut bien lui concéder. La société tout entière passe ainsi sous la coupe d’un pouvoir à la fois médiatique, économique et politique, qui ne tolère de critiques que de lui-même.

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Les médias sont devenus des produits de consommation, des objets de la société industrielle. Leur but n’est plus de nourrir l’opinion mais de l’aligner et de l’orienter. Les médias d’information sont dépolitisés pour atteindre une grande masse de lecteurs et orientés par les groupes d’intérêts financiers ou industriels.

Ils sont devenus le centre d’un combat entre pouvoir, opposition , tendance et lobbies et des instruments pour séduire, convaincre et neutraliser l’opinion. Les médias sont donc un instrument de stratégie du pouvoir.

Sous le contrôle des grands groupes financiers et de l’Etat, qui exercent l’un sur l’autre des lobbies à leurs avantages, les médias et l’information sont soumis à la censure et orientés par les profits de certaines firmes et partis politiques .

Avec des services publics affaiblis et soumis aux exigences de la cour présidentielle et de ses amis proches, l’information qui nous sera bientôt proposée ne luttera plus pour les intérêts des citoyens, mais pour les ambitions égoïstes des détenteurs du pouvoir. La réforme de l’audiovisuel public va modifier les régles du jeu. Plus besoin de dés pour préserver l’égalité des chances, si des voies s’élevent à l’avenir contre Sarkozy, Dassault, Bouygues ou Lagardère, les nouvelles règles auront raisons des contestataires: envoi direct vars la case « Prison » ou « Passes ton tour ».

 Aujourd’hui, à la veille du vote des parlementaires, il me semble essentiel de rappeler que les décisions qui orientent notre pays appartiennent avant tout au peuple, un peuple qui a su à travers l’histoire de la France, montrer sa force face aux repressions du pouvoir.

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Alors pour que vivent encore les voies des citoyens, avec toutes leurs différences, leurs oppositions et leurs contrastes, soutenez l’appel de Marianne pour le pluralisme des médias:

  »Au nom des principes de la démocratie et des valeurs républicaines, les soussignés demandent au Parlement de renoncer à la loi qui permettrait au président de la République de nommer de de révoquer les présidents de France Télévision et de Radio France.

Ils rappellent que la télévision et la radio publiques n’appartiennent pas au pouvoir politique, quel qu’il soit, mais à tous les citoyens.

Ils réitèrent leur engagement à défendre l’indépendance de la presse et le pluralisme de l’information »

Vous pouvez signer cet appel  sur le site internet

http://www.marianne2.fr/L-appel-de-Marianne-pour-l-independance-et-le-pluralisme-des-medias_a93992.html

13 décembre, 2008 à 15:38 | Commentaires (0) | Permalien


Les « Evening sales » chez Christie’s

Il y a déjà deux semaines que les ventes du soir se sont achevées à NYC. Les retombées sont loin d’être excellentes mais que voulez-vous? C’est la crise… Tout le monde nous martèle cette phrase comme si elle était la réponse à tout. J’ai assisté à cette vente dans les coulisses et soyons honnête, personne ne clamait sa joie. Ce n’est pas non plus catastrophique, il y a eu aussi des records inattendus même si tous les espoirs se portaient sur Francis Bacon et Basquiat.

images11.jpegLe total des ventes s’est élevé à 113 627 500 millions de dollars… 68 % Des lots vendus, je vous laisse imaginer le résultat de la vente si toutes les oeuvres avaient trouvé leurs acheteurs…
Malheureusement, l’oeuvre la plus attendue de la soirée est restée dans l’ombre, le tableau de Francis Bacon n’a pas trouvé preneur. Lorsqu’on sait que l’année dernière un triptyque du même artiste s’était envolé à plus de 80 millions de dollars, cela me laisse perplexe.

images2.jpegIl y a aussi eu de bons moments, et de belles surprises puisqu’un tableau de Gerhard Richter s’est vendu à 14 866 000 de dollars, volant la vedette à Basquiat et son boxeur, vendu à 13 522 500 millions de dollars.  » Cet autoportrait » trônait fièrement dans la salle des ventes et même si chacun la contemplait avec un regard inquiet, envieux, et amoureux; cela n’a pas suffit, l’oeuvre n’a pas rencontré le succès escompté. Un petit « oh » de déception s’est échappé de la bouche du commissaire priseur qui a usé de toutes les stratégies pour faire monter les enchères. J’aurai aimé être à sa place pour contempler tous ces acheteurs hésitants à craquer. Les temps sont durs mais rien n’est trop beau pour un Rothko… Peut-être que si, peut-être que les clients se méfient, doutent et ne se laissent plus tenter facilement. Des signes de mains légers, des clins d’oeil discrets, des surenchères par téléphones qui se laissent à attendre… La tension était palpable et un silence presque anxieux submergé la salle prête à exploser. Nous étions tous collés, prêts à nous serrer dans les bras lorsque de timides acheteurs osaient lever la main pour faire monter les prix. La main agile du commissaire-priseur rythmait la vente avec ses coups de marteaux, et c’est après 88 coups, que la salle commença à revivre. Tout le monde s’est dirigé vers la salle de conférence de presse. Les journalistes étaient pensifs et affamés. Ils se sont tous jetés sur le buffet en écoutant à moitié le discours de la directrice du département d’Art contemporains. En réalité, il n’y avait rien à commenter, les chiffres parlaient d’eux-même…
La crise ébranle le marché de l’art et la seule issue positif reste l’assainissement des ventes, et des estimations.

L’explication fournie par la maison de vente aux enchères est simple: les prix ont été fixés lors de la rédaction des catalogues avant l’été. La crise est venue surprendre les vendeurs qui refusaient de voir les prix de leurs oeuvres à la baisse. Une chose est sûre, 2008 ne sera pas aussi prestigieuse que les dernières années… Mais on est loin d’une crise semblable à celle de 1990.

7 décembre, 2008 à 19:05 | Commentaires (0) | Permalien


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